Mon semi-marathon à Bruges
Le départ est un vrai chaos. J’oublie mon dossard en allant me positionner dans mon SAS de départ. Heureusement, j’ai pu le récupérer juste avant que je passe la ligne de départ.
Je m’élance dans les rues de Bruges à l’allure prévue. Le cardio s’emballe dès les premiers mètres, mais je ne panique pas. C’est le début, le corps chauffe, l’adrénaline fait le reste. Je zigzague entre les coureurs, je double, tout va bien. Mais les kilomètres passent… et le cardio, lui, refuse de redescendre. Les jambes se plombent, la respiration se raccourcit, la lucidité s’effrite. Au 16e kilomètre, le mur. Brutal.
Je ralentis, je marche, je relance — les sensations sont atroces. Le corps crie, le mental vacille. Au 18e, je m’arrête à nouveau. Je regarde autour, vidé. Une petite voix me dit : « L’objectif est foutu. Lâche l’affaire, termine à pied. Personne ne t’en voudra». C’est l’ancien moi qui parle. Celui qui a toujours cherché la facilité, qui n’a jamais aimé se faire mal, l’adolescent qui préférait descendre de son vélo et terminer le montée à pieds.
Mais une autre voix surgit, plus ferme, plus mature : « Arrête tes conneries Thib. 16 semaines d’entraînement. Tu fais chier tout le monde avec ça depuis des mois, et maintenant tu veux abandonner ? Tu vas franchir cette ligne, point ».
Alors je repars. Pas pour le chrono. Pas pour les autres. Juste pour finir.
Au 19e, la ville réapparaît. Bruges m’accueille à nouveau, les pavés, le bruit, la foule. Je suis dans le dur, mais je tiens. Je jette un œil à la montre : si je m’accroche un peu, je peux battre mon temps de Gand. Je serre les dents et je passe la ligne : 1h55’23.
J’aurai couru 1h52, marché 3 minutes, et traversé 21 bornes de doutes, de douleurs, et de lucidité. Je suis content du record, déçu d’avoir flanché, mais lucide : je sais exactement ce qu’il faudra travailler pour faire mieux à Gand, dans 22 semaines. 💪